Comment financer la création de son entreprise

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D’excellentes d’idées d’entreprises, il y en a plein. Et des promoteurs tous aussi compétents que sérieux et motivés, on en ramasse également à la pelle. Mais la plupart de ces entrepreneurs qui ont de très bonnes idées d’entreprises, se trouvent confrontés à un problème crucial : le manque de fonds nécessaire pour démarrer leurs projets. Si vous êtes dans ce cas, alors cet article vous rendra heureux au plus haut point. En effet, il est présenté dans les lignes suivantes 03 façons de financer un projet de création d’entreprise sans avoir le capital initial nécessaire.
Suivez le guide !

1. Faire financer votre projet d’entreprise par vos clients futurs

Vous vous demandez bien comment des clients qui n’ont pas encore vu le bien ou service que vous proposez pourraient bien en financer la production. Eh bien, c’est tout à fait possible et même très avantageux sur bien des plans. En effet, vous aurez dans ce cas la possibilité d’obtenir les fonds dont vous avez besoin sans céder des parts de votre entreprise ou avoir recours à un emprunt et en supporter les intérêts ainsi que les contraintes.
Deux mécanismes peuvent être mis en jeu pour faire financer votre projet d’entreprise par vos futurs clients : le conseil et la précommande.

a. Le conseil

En proposant vos compétences particulières dans le même domaine que votre projet d’entreprise ou un domaine voisin à vos clients, vous leur démontrez d’emblée vos capacités à satisfaire leurs besoins. C’est également une manière de cerner avec une plus grande exactitude leurs besoins réels afin de leur offrir des services personnalisés, mais c’est aussi un moyen que vous pouvez utiliser pour susciter chez eux, le besoin du bien ou du service que vous souhaitez lancer. Ce mécanisme est en quelque sorte un laboratoire pour tester la demande du bien et service que vous désirez proposer, ainsi que les caractéristiques de celui-ci pour être en adéquation avec les besoins de son marché cible.

b. La précommande

Dans la précommande, vous allez utiliser des outils de présentation ou des maquettes pour attirer l’attention de vos prospects sur les qualités du bien ou service que vous désirez promouvoir. Une fois que leur intérêt est suscité, vous pouvez alors leur proposer de passer des commandes en payant en avance, la totalité ou une fraction du prix d’achat futur de votre produit. Vous pouvez même leur accorder des conditions commerciales plus avantageuses en tant que premiers clients. Ce mécanisme présente l’avantage de ne produire que ce qui est vendu, ce qui limite les pertes ou stocks inutilisés. Cependant, la précommande ne peut être utilisée que pour des biens et non pour des services, et vous devez être capables de livrer les produits dans des délais raisonnables après avoir reçu les commandes.

c. Précision utile

Il est opportun de préciser que faire financer la création de son entreprise ne fonctionne que dans certains cas, notamment:
• pour un produit qu’il est possible de prototyper sans investissements conséquents ;
• pour des services ou bien liés à des prestations de conseils ;

2. Faire financer votre projet d’entreprise par vos proches : le Love Money

Dans ce mode de financement, vous allez faire appel aux personnes qui vous sont proches – famille, amis et autres connaissances – pour vous apporter les fonds de démarrage nécessaires. Ces dernières vont vous mettre les ressources à disposition, en se basant principalement sur l’affection qu’elles ont pour vous, avant de s’attarder ou non sur la viabilité de votre projet d’entreprise. C’est justement pour cela que l’on parle de Love money.

a. Avantages et inconvénients du love money

Ce mode de financement présente aussi bien des avantages que des inconvénients. En effet, il est plus facile de convaincre une personne proche en jouant sur la fibre affective qu’un investisseur froid qui ne se basera que sur des critères objectifs et ses réelles potentialités d’apport. Un proche peut vous donner de l’argent, parce qu’il vous est reconnaissant ou qu’il ressent quelque chose de fort pour vous, même s’il doit se débarrasser d’une somme dont il avait besoin et en ne regardant même pas les chances de réussite de votre projet. En outre, ces apports peuvent être des dons. Et quand il s’agit de prêts, ceux-ci sont très rarement grevés d’intérêts.
Mais en face, il vous faut intégrer la délicatesse de la situation qui prévaudra en cas d’échec du projet, et que vous devriez annoncer à vos proches qu’elles ont perdu leur mise. C’est pourquoi, il est conseillé de s’assurer de mobiliser que les fonds dont vous estimez que vos apporteurs peuvent se permettre de perdre. D’autre part, les apports en love money sont rarement importants. Ce qui fait du love money, un mode de financement adapté aux projets de petite envergure.

b. Les différentes méthodes pour mobiliser les fonds de love money

On distingue principalement :
• L’investissement direct de vos proches pour recevoir en contrepartie des parts dans votre entreprise.
• Un prêt à rembourser par l’entreprise selon un échéancier défini, avec ou sans intérêts.
• Le crowfunding ou financement participatif par le biais de plateformes en ligne, qui permet de mobilier de petites sommes qui en se cumulant peuvent faire lever des capitaux importants. Il faut préciser que l’un des inconvénients du crowfunding c’est la règle du tout ou rien : quand vous solliciter un certains montants dans une campagne pour un temps déterminé, vous ne percevrez les fonds que si le montant sollicité est atteint et rien s’il ne l’est pas.
• Les dons.

3. Se faire financer votre projet par des professionnels

Nous ne saurions clore nos propos sans présenter la bonne vieille méthode de financement qui consiste à voir recours à des professionnels du domaine que sont : les banques, les investisseurs institutionnels et les investisseurs privés (Business Angels, société à capital risque).

a. Le financement par la banque et les établissements de crédits

Les banques et établissements de crédit proposent une large variété d’instruments qui peuvent servir au financement de démarrage d’un projet d’entreprise. On distingue des instruments à court, moyen et long terme, qui sont remboursables en capital et en intérêts sur une certaine période. On peut citer principalement :
• Les facilités de caisses
Il s’agit essentiellement des découverts ou avances en compte courant qui permettent à l’entreprise de disposer de liquidités de façon ponctuelle, dans une limite définie d’avance, pour satisfaire des besoins ponctuels. Ces facilités de caisse rendent le compte de l’entreprise débiteur jusqu’à ce que des mouvements créditeurs viennent combler le débit et payer les intérêts débiteurs occasionnés par le découvert. Ainsi, des intérêts ne sont dus que si la ligne de crédit octroyée par la banque est utilisée.
Aux découverts peuvent s’ajouter la carte de crédit, qui autorise l’utilisation de fonds à un moment donné tout en bénéficiant d’un débit différé du compte de l’entreprise.
• Les formes classiques de crédit
Il s’agit du crédit professionnel et du crédit-bail.
– Le crédit professionnel est un emprunt amortissable à moyen et long terme consenti par la banque sur une durée de temps fixe, et dont le remboursement se fait selon un échéancier défini lors de la mise en place du concours. Une fois que le crédit est mis en place, le compte de votre entreprise est crédité du montant que vous avez sollicité (moins les frais de mise en place) et l’échéancier de remboursement se met en marche, que les fonds soient utilisés ou non.
– Le crédit-bail consiste quant à lui à fournir à l’entreprise des biens physiques au lieu de l’argent, dont l’utilisation entraine le paiement de loyers grâce aux gains obtenus de celle-ci, avec la possibilité d’acheter les biens à la fin de la période de location : on parle de levée d’option d’achat.
• Les crédits commerciaux
On parle ici de l’escompte commercial et de l’affacturage. Ici, l’entreprise peut faire financer ses effets de commerce ou ses crédits sur ses clients, en les cédant à la banque qui lui versera la somme correspondante à la créance de l’entreprise tout en prenant au passage une commission pour le risque qu’elle a pris. Quitte à la banque en suite, de se charger du recouvrement des créances en nominal.

Les avantages du financement bancaire est qu’il permet d’obtenir des montants importants à des taux de remboursement plus intéressants qu’un financement par fonds propres. Cependant, l’accès à ce genre de financement est un vrai parcours du combattant pour les porteurs de projets de création d’entreprise. En effet, pour qu’une banque prête à une entreprise, elle se base sur l’historique des entrées d’argent sur le compte de l’entreprise ou exige des garanties qui peuvent être exécutées en cas de défaillance de l’emprunteur. Malheureusement, les entreprises en création ne peuvent pas satisfaire la condition de l’examen des mouvements créditeurs, et elles ne disposent généralement pas d’actifs à donner en garantie ou des cautions. Ainsi, les projets de création peuvent valablement obtenir des concours bancaires que si ces derniers servent à acquérir des actifs que la banque pourra saisir le cas échéant.
En outre, les banques chercheront à s’assurer de la rentabilité du projet en étudiant de façon minutieuse le business plan que vous devrez leur fournir.

b. Les investisseurs privés ou institutionnels : l’investissement en fonds propres

Les investisseurs privés ou institutionnels investissent des fonds en contrepartie desquels ils acquièrent des parts sociales de l’entreprise en création. C’est pourquoi, l’on appelle ce mode financement « investissement en fonds propres ».
Le principal avantage de l’investissement en fonds propres est qu’il n’y a pas d’intérêts à rembourser et qu’aucune échéance de remboursement n’est prévue. Les apporteurs de fonds partagent les mêmes risques de perte que vous et ne peuvent se faire rembourser, en principe, que lors de l’extinction de l’entreprise après que tous les créanciers chirographaires aient été désintéressés. Cependant, le partage du risque entraine également un partage du pouvoir de décision, avec le risque pour le promoteur de se faire phagocyter dans le temps, ou de ne plus avoir les mains libres à tel point qu’il subsiste le risque de voir se dévoyer l’esprit initial et même la vision du projet d’entreprise.
En outre, le financement en fonds propre est très couteux pour le porteur du projet :
– Tout d’abord, la recherche et la levée de fonds est une activité très chronophage, avec des réunions ou rencontres fréquentes de présentation et de mobilisations de fonds qui peuvent s’étendre sur plusieurs mois, tout en engendrant des dépenses pouvant atteindre entre 5 et 10 % en moyenne des sommes visées (due diligence, honoraires avocats, transports, invitations,…).
– Ensuite, le paiement de dividendes en cas de profits de l’activité, tout au long de la vie de l’entreprise.
Par conséquent, ce type de financement est intéressant lorsque l’on est à la recherche de capitaux importants pour un projet innovant. C’est la forme de financement la mieux appropriée aux startups. Mais avant de profiter des avantages de l’investissement en fonds propres et faire face aux inconvénients, faut-il encore intéresser les investisseurs privés ou institutionnels. Comment s’y prendre et quels sont les critères de choix de ces derniers ?
Les investisseurs en fonds propres sont à la recherche de projets à très fort potentiel de rentabilité, qui leur offre des possibilités de sortie à court ou moyen terme. Ainsi, ils pourront réaliser des gains très intéressants lors de la vente de leurs parts sociales et dégager suffisamment de profits de sorte à pouvoir réinvestir leurs mises dans d’autres projets.
Pour obtenir un financement en fonds propres, il vous faut bétonner votre projet et en étudier tous les paramètres de sorte à le présenter sous un angle qui puisse satisfaire les critères de choix de base des investisseurs sollicités.
Toutefois, il est opportun de préciser que le taux de succès d’une levée de fonds en financement en fonds propres est très faible – de l’ordre de 10 à 15 % – même s’il est supérieur à celui que celui du financement bancaire, pour les projets de créations d’entreprise.

4. Comment choisir le mode de financement de son projet de création d’entreprise ?

Pour choisir de façon appropriée le mode de financement le plus adapté à votre projet de création d’entreprise, il faut se poser les bonnes questions. Entre autres, en voici quelques-unes :
• Ai-je suffisamment de capacités personnelles pour financer mon projet ? en ai-je suffisamment pour initier une levée de fonds pour un financement en fonds propres ?
• Puis-je solliciter l’aide de certains de mes proches ?
• Puis-je faire un prototype de mon produit avec mes moyens disponibles ?
• Puis-je me permettre de diluer le pouvoir dans mon entreprise ?
• Dispose-je de garanties réelles à proposer aux banques ?……
En fonction des réponses à ces questions, vous serez à même de savoir le mode de financement qui vous convienne le mieux. Il n’est cependant pas exclu d’avoir recours à un mixage de plusieurs des différents modes présentés dans les lignes précédentes.

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